Comment fonctionne la retraite en Suisse ?

Dans cet article, je vous présente de façon simple comment fonctionne la retraite en Suisse. Souvent nommée « système prévoyance », la retraite se base sur 3 piliers (= 3 sources de revenus potentielles) que l’on pourra percevoir une fois arrivé à l’âge de la retraite.

La retraite en Suisse

Les grands principes de la retraite en Suisse

En Suisse, la retraite, désignée par le « système de prévoyance », est basée sur 3 piliers. L’argent perçu à la retraite est donc séparé en 3, vous recevrez de l’argent de différentes sources de sorte que vous puissiez conserver votre niveau de vie actuel. Pour bénéficier d’une retraite confortable, il recommander de profiter au mieux de ces 3 sources de revenus :

  • Le 1er pilier est obligatoire et est de la responsabilité de l’Etat. C’est lui qui contribue au versement de votre 1er pilier.
  • Le 2ème pilier est aussi obligatoire et concerne la responsabilité de vos différents employeurs au cours de votre carrière professionnelle.
  • Et enfin le 3ème est de votre responsabilité, il est optionnel et vous êtes libres d’y contribuer ou non.

Maintenant, voyons en détail ce que représente chacune de ces sources de revenu et à combien vous pourrez prétendre une fois l’âge de la retraite atteint.

Le 1er pilier : l’AVS

L’AVS, pour « Assurance Vieillesse et Survivants » permet de couvrir les besoins vitaux une fois à la retraite. Il s’agit d’une prestation sociale à laquelle vous contribuez chaque mois pour les personnes actuellement à la retraite. Donc l’AVS que vous toucherez à votre propre retraite sera payé par vos petits-enfants.

Cette contribution concerne tous les travailleurs de plus de 20 ans. La cotisation est versée à parts égales entre l’employé et l’employeur, et s’élève à environ 10 % de votre salaire brut. Sur votre fiche de salaire, vous pourrez remarquer la ligne « AVS-AI », qui correspond bien à un pourcentage de votre salaire (de l’ordre de 5%, votre employeur verse les 5% restants).

Notez que l’AVS est très souvent associée à l’AI qui signifie « Assurance Invalidité », cette partie étant réservée aux personnes qui sont dans l’incapacité de travailler en raison de problèmes médicaux notamment.

Une part du 1er pilier est aussi dédié aux prestations complémentaires (PC). Ces prestations, complémentaires à l’AVS, sont versées aux personnes qui sont le plus en difficulté et qui ne touche pas suffisamment d’argent une fois à la retraite. Ccela peut être par exemple une exemption de certaines taxes, une partie du loyer, …

En terme d’argent, ça représente quoi pour le coup ?

L’ AVS est un moyen pour lutter contre la pauvreté. Cette redistribution solidaire signifie que les personnes qui ont un salaire élevé verseront davantage à l’AVS qu’ils ne profitent de ces prestations.

Une rente AVS complète est de 1 185 CHF mensuels au minimum, et de 2 370 CHF mensuels au maximum pour les personnes ayant eu les revenus les plus élevés (données 2020)1. Cette rente maximale est atteinte si vous avez un salaire annuel d’au moins environ 86’000 CHF. Par conséquent, quoiqu’il arrive, si vous gagnez plus, la rente n’augmentera pas.

On voit bien qu’il s’agit du minimum vital. Avec l’AVS seulement, vous pourrez vous loger en campagne et faire vos courses dans un magasin discount en Suisse. Génial 👍🏻

Votre retraite risque d’être un peu triste si vous n’avez que ça. Heureusement la Confédération a mis en place d’autres sources de revenus que vous pourrez toucher une fois à la retraite.

Le 2ème pilier : la LPP

Le 2ème pilier, souvent désigné par la LPP pour « Loi sur la Prévoyance Professionnelle », nous permet d’avoir un niveau de décent une fois à la retraite. Vous y contribuez également chaque mois, à hauteur d’un certain pourcentage qui dépend de votre employeur actuel.

Seuls les employés à partir de 24 ans et ayant un salaire annuel supérieur à 21’330 CHF (donnée 2019) y contribuent 2.

De son côté, l’employeur cotise également à votre 2ème pilier, il place de l’argent tous les mois sur votre compte de prévoyance. Il est obligé de verser au moins la même somme que vous versez chaque mois. Mais certains employeurs sont plus généreux et versent des contributions plus élevées. Par exemple, votre patron peut verser 53% de la cotisation mensuelle sur votre compte. Quant à vous, vous ne serez prélevé que des 47% restants.

Cet argent n’est pas redistribué directement auprès des retraités actuels, comme c’est le cas avec l’AVS, mais est conservé sur un compte personnel, aussi appelé « caisse de pension ». Cette caisse de pension est détenue par un organisme privé et varie selon votre employeur actuel, par exemple cela peut être Helvetia, Axa Winterthur, Retraites Populaires… Chaque employeur choisit sa propre caisse de pension.

Lorsque vous changez d’employeur, ce dernier s’occupe de transférer l’argent présent sur votre ancienne caisse de pension vers la nouvelle. Cet argent vous suit durant toute votre carrière professionnelle.

En terme d’argent, ça représente quoi pour le coup ?

Comme il s’agit d’un pourcentage de votre salaire, ce n’est pas un montant égal pour tout le monde. La bonne nouvelle c’est que cet argent est placé via des fonds de placement et permet d’obtenir un certain rendement. Votre capital est placé de façon sécurisé avec une part minime investit dans des actions. L’ Etat garantit même un taux d’intérêt entre 1 % et 6% selon l’organisme qui s’occupe de votre caisse de pension.

Les deux premiers piliers couvrent environ 60% à 70% de votre dernier salaire. Donc désormais avec l’AVS et le 2ème pilier, vous pourrez habiter en ville et aller au restaurant en Suisse. Vous pourrez même voyager un peu, en évitant quand même les sièges business lors de vos trajets en avion ✈️

Le 3ème pilier : la prévoyance individuelle

Comme nous venons de voir, 70% de notre niveau de vie actuel est couvert par le 1er et le 2ème pilier. Si vous souhaitez conserver 100% de votre salaire, c’est à vous d’y contribuer. Cette participation est volontaire, c’est un peu l’équivalent à l’assurance vie en France. Pour vous donner un ordre d’idée, 57% des Suisses ont un compte de 3ème pilier en 2019 3.

Vous pouvez soit mettre un peu d’argent de côté sur votre compte épargne mais cela présente plusieurs inconvénients. Premièrement, ce n’est pas déductible des impôts. Au contraire, votre fortune augmente et vous allez devoir payer des impôts sur la fortune. De plus, les comptes épargnes ont maintenant un taux d’intérêt de 0% donc ça ne rapporte rien (et avec l’inflation à 1%, vous perdez même de l’argent mais ça c’est un autre sujet).

Pour trouver une alternative à tous ces inconvénients, l’ État encourage l’ouverture d’un 3ème pilier en mettant en place des avantages fiscaux. Lors de votre déclaration d’impôts, vous pourrez déduire une partie de l’argent déposé sur votre 3ème pilier. Vous pouvez même utiliser le montant de votre 3ème pilier comme acompte pour l’achat d’un bien immobilier.

Comment ça fonctionne ?

Vous pouvez ouvrir un compte de 3ème pilier auprès d’une banque ou chez un assureur. Il en existe deux types et dans cet article, je vais seulement vous présenter le 3ème pilier A, que je recommande fortement face au 3ème pilier B.

Chaque année, vous pouvez déposer de l’argent sur compte de 3ème pilier. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez déduire les versements effectués de votre revenu imposable dans la limite d’un plafond (en 2021, c’est maximum 6’883 CHF).

En Suisse, la valeur que vous payez d’impôts dépend de votre revenu imposable constitué principalement de votre salaire et autres biens (immobilier et/ou bourse par exemple). Plus vous avez un revenu imposable important, plus vous paierez d’impôts, c’est logique. Mais avec le 3ème pilier votre pouvez décompter la somme versée durant l’année à votre revenu imposable. Par exemple, si vous avez un revenu imposable de 70’000 CHF à l’année, en soustrayant l’argent versé sur votre 3ème pilier, cela fait 70’000-6’883 = 63’117 CHF de revenu imposable. C’est une déduction non négligeable, parce que comme vous le savez, les impôts ça coûte cher 😄

Donc généralement, on place le montant maximum chaque année sur le 3ème pilier. Il n’est pas nécessaire d’ajouter plus car ce sera de l’argent bloqué et le surplus ne sera pas déduit des impôts. Comme il s’agit d’une forme de prévoyance dite « liée », cela signifie que vous ne pouvez pas récupérer votre argent si facilement. Pour ça, il faut remplir certaines conditions comme quitter la Suisse, être à la retraite (bon ça c’est logique 😉), utiliser l’argent pour l’achat d’un bien immobilier…

L’autre avantage, c’est qu’il est possible d’investir une partie de cet argent, voire la quasi totalité dans des actions en bourse. Cela permet de générer des intérêts sur le long terme qui, en plus, seront libres d’impôts sur le revenu.

En terme d’argent, ça représente quoi pour le coup ?

Alors ça, c’est très variable car ça dépend de plusieurs facteurs :

  • à partir de quel âge vous ouvert un compte de 3ème pilier
  • si vous avez rempli chaque année le plafond maximal
  • si vous avez investi une partie ou la totalité dans des actions
  • et le cas échéant, si le marché vous est favorable ou non

Pour avoir un ordre de grandeur, si quelqu’un investit dès ses 25 ans, en mettant le maximum déductible des impôts, il aura, 40 ans plus tard, environ 350’000 CHF (car il y a quand même quelques intérêts de l’ordre de 1-2 %).

Si cet argent est investit via des fonds de placement, avec la magie des intérêts composés, ce montant peut varier de 400’000 à plus de 2’000’000 CHF selon le marché 💰. Avec un objectif FIRE, c’est plutôt pas trop mal ! Un aperçu en image :

3ème pilier non investi en action
3ème pilier investi en action

Simulation effectuée sur le site de VIAC, pour un employé qui verse durant 40 ans un montant de 6’800 CHF. A gauche, l’évolution s’il n’investit pas cet argent et à droite s’il investit assez fortement via des fonds de placement.

Résumé de la retraite en Suisse

Comme on vient de le voir, la retraite est plutôt bien assurée en Suisse, à condition de se préparer et d’y placer un peu d’argent dès le début. Le 1er pilier assure le minimum vital, le 2ème pilier permet de conserver son niveau de vie habituel et le 3ème pilier permet de vivre encore plus confortablement. Cette image résume assez bien le système des 3 piliers en Suisse :

Image tirée du site de axa.ch 4

1 : https://www.travailler-en-suisse.ch/caisses-retraite-suisse.html
2 : https://www.lppsuisse.ch/2eme-pilier/
3 : https://www.ubs.com/ch/fr/private/pension/information/studies/_jcr_content/mainpar/toplevelgrid_228943653/col2/teaser/linklist/link.0418599059.file/bGluay9wYXRoPS9jb250ZW50L2RhbS9hc3NldHMvcmMvcHJpdmF0ZS9wZW5zaW9uL2RvY3VtZW50cy9mcy12b3Jvc3JnZW1vbml0b3ItMjAxOS1mci5wZGY=/fs-vorosrgemonitor-2019-fr.pdf

4 : https://www.axa.ch/fr/prevoyance/systeme-de-prevoyance.html

Bonus_template_budget
Vous recevrez mon modèle de budget sous la forme d’un Google Sheet.

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