Secret bancaire Suisse, mythe ou réalité ?

Le secret bancaire Suisse est-il un mythe ou une réalité ? Est-ce vraiment comme dans le Loup de Wall Street ? C’est ce qu’on va essayer de découvrir dans cet article.

secret bancaire suisse

Le Loup de Wall Street c’est l’histoire vraie de Jordan Belfort, un gars prêt à tout pour faire fortune dans les années 90. Il fonde une société de courtage où il va jusqu’à gagner plus de 50 millions de dollars par année, ce qui lui vaudra son surnom du Loup de Wall Street. Pour avoir gagné autant d’argent, il ne va pas seulement investir en bourse. Il va surtout manipuler ses clients pour faire perdre beaucoup d’argent.

Parmi toutes ses nombreuses combines, il va notamment ouvrir un compte en Suisse.

Dans cette scène, on voit Jordan Belfort, joué par Leonardo DiCaprio, qui rencontre un banquier genevois pour tenter de cacher un bon paquet d’argent. Ici c’est Jean Dujardin qui joue le rôle du banquier prêt à tout pour plaire et disposé à aider Jordan Belfort. Il ira même jusqu’à même lui proposer des contournements de procédure assez douteux.

A ce moment là, Leonardo DiCaprio lui pose des questions sur le secret bancaire en Suisse : qu’est-ce qui obligerait la banque suisse à coopérer avec le FBI ou le département de la justice américaine ?

Jean Dujardin lui répond que ça dépend. Et effectivement ça dépend…

L’origine du secret bancaire Suisse

Pour justifier le secret bancaire en Suisse, la légende disait que c’était en fait pour protéger l’argent des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais en réalité, même si on était bien content de pouvoir aider les juifs, il faut quand même se rendre à l’évidence : on aime avant tout l’argent en Suisse. La création du secret bancaire Suisse n’a en fait aucun rapport avec la défense des victimes du nazisme.

C’est une réponse à un enjeu économique, à savoir la défense de l’attractivité de la place financière suisse. En gros, les banques suisses veulent attirer et conserver leurs clients riches. Tout simplement.

Geneva

L’histoire a en fait commencé avec l’affaire de la Banque Commerciale de Bâle.

Dans les années 1930, la police française a saisit au sein de cette banque de l’argent et des documents qui contenaient les noms de milliers de clients français. Parmi eux, il y avait des personnes comme des sénateurs, des magistrats, des évêques ou encore des généraux. Et cela a fait assez scandale à l’époque car c’étaient personnes haut placées qui évitaient de payer des taxes en plaçant leur l’argent à l’étranger.

Après cette affaire, la Suisse, ayant eu peur de perdre d’autres clients fortunés, a alors inscrit le secret bancaire dans la loi fédérale.

Les faits du Loup de Wall Street se déroule dans les années 90. A cet époque, les banques suisses garantissaient à leurs clients que les informations qui les concernaient étaient gardées confidentielles. Le fisc n’avait donc aucune idée du montant qui se trouvait sur ces comptes bancaires. Bien pratique pour éviter de devoir payer des impôts 😉

Chaque banque était alors dans l’obligation de respecter le secret bancaire sous peine de subir des sanctions et des poursuites judiciaires. C’est grâce à cette pratique que la Suisse a pu être reconnue comme une place financière de première importance dans le monde.

Il y a cependant des limites claires au secret bancaire. Celui-ci peut être levé lorsque la justice enquête sur de possibles activités criminelles. En revanche, il n’est pas possible de le lever en cas d’évasion fiscale.

Pour être un peu plus spécifique, la Suisse fait la distinction entre la soustraction fiscale (ne pas fournir une déclaration fiscale complète) et la fraude fiscale (détournement illégal du système fiscal). Et c’est uniquement dans ce dernier cas de figure que le secret bancaire peut être levé.

Bien sûr, comme on aurait pu s’en douter, le secret bancaire a permis bien plus que ça comme du blanchiment d’argent. Et au fil des années, les autres Etats ont commencé faire pression sur la Suisse pour qu’elle mette fin au secret bancaire.

Qu’en est-il du secret bancaire Suisse aujourd’hui ?

Depuis 2017, la Suisse a commencé à limiter sérieusement le secret bancaire avec la LEAR (Loi fédérale sur l’échange international automatique de renseignements en matière fiscale). Désormais, les banques suisses échangent automatiquement des renseignements comme les relevés de comptes, les intérêts ou encore les dividendes avec le service des impôts des autres pays.

Les pays avec lesquels la Suisse a signé l’accord n’ont plus besoin de demander des informations sur les comptes bancaires suisses de leurs citoyens. Les données sont transmises automatiquement une fois par an.

Pour la suisse, la fin du secret bancaire pourrait lui faire perdre sa place de leader sur la place financière internationale. En effet, si les gens riches ne viennent plus y déposer leur argent ni le faire travailler ici alors cela impliquera forcément moins d’argent pour la Suisse.

En résumé, si vous habitez en Europe et que vous voulez cacher une partie de votre argent en Suisse pour éviter de payer des impôts, et bien désolée de vous décevoir mais ce ne sera probablement pas possible.

Mais par contre, si vous souhaitez devenir légalement indépendant financièrement, sachez que je mets gratuitement à disposition les ressources qui m’ont aidé à débuter mon voyage vers l’indépendance financière :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *